Dans sa dernière émission « Mes Chers contemporains » mise en ligne le 28 septembre, le youtubeur Usul propose de nous interroger sur les violences policières, et sur notre rapport à la police, notamment depuis les manifestations de la loi El-Khomri…

 

Usul, cet ovni du Youtube français

Usul est un vidéaste et chroniqueur français. Il a commencé à réaliser des vidéos de retrogaming (à propos d’anciens jeux vidéos, consoles…) en 2008 sur Daylimotion, puis sur Youtube avec la chaîne UsulMaster. Il se fera connaître avec la chronique 3615 Usul qui décrypte et analyse différents aspects et mécanismes du jeu vidéo et de son industrie.

Début 2014, Usul quitte l’univers vidéoludique pour se consacrer à une toute autre série, « Mes chers contemporains », dans laquelle il réalise des portraits critiques de personnalités publiques et politiques telles que BHL, Elisabeth Levy ou David Pujadas. La chronique se veut très engagée à gauche.

Loi El-Khomri et prise de conscience des violences policières.

Il y a quelques semaines, Usul a sorti une vidéo intitulée « Les flics (tout le monde déteste la police?) » qui nous interroge principalement sur les violences policières, et notamment sur le délit de faciès (qui est le fait d’arrêter et d’interroger quelqu’un en fonction de son apparence). Il présente alors des abus de violences policières actuelles, qu’elles soient physiques ou psychologiques.

Le documentaire d’Usul est très complet notamment sur les violences policières lors des manifestations contre la nouvelle loi El-Khomri. Il est certes assez long mais il vaut vraiment la peine de s’attarder dessus.

Dans la pensée collective, les violences policières existent mais elles sont exceptionnelles (voire vues comme justifiées quand il s’agit de casseurs). Les médias traditionnels, et notamment la télévision, donnent d’ailleurs rarement la parole à ceux qui sont victimes de ces violences. Après tout, la police est censée être garante de la paix.

Pourtant en mars 2016, lors des premières manifestations de la loi El-Khomri, ce sont les jeunes (lycéens et étudiants) et la classe moyenne, qui se sont retrouvés en face de ces violences policières. Violences qui jusque là étaient plutôt présentes dans les quartiers difficiles, et où les victimes étaient beaucoup moins écoutées, sans doute moins légitimes en raison de leur milieu social. A la vue des images des manifestations, il y a donc eu un véritable déclic dans notre rapport aux policiers.

Le journal Osons causer en fait aussi état, notamment avec le scandale de l’hôpital Necker, cette courte vidéo raconte les choses simplement et présente différents points de vue.

Cependant, le cas des manifestations contre la loi El-Khomri est peut-être trop complexe à analyser, puisqu’il s’agit d’un climat social très particulier, et les doutes restent permis sur la différenciation des policiers entre les casseurs et les manifestants.

 

Les banlieues et les quartiers, plus difficile face aux policiers.

Il reste cependant le cas particulier des banlieues et des quartiers difficiles, où les violences policières abusives sont beaucoup mieux dissimulées grâce à l’excuse du contrôle d’identité, qui peut être d’ailleurs plus ou moins musclé.

En effet, selon Usul, le contrôle d’identité ne serait pas vraiment utile (il aurait surtout un rôle de contrôle social et de soumission à la hiérarchie) mais surtout il est souvent réalisé « à la tête du client », c’est-à-dire qu’il se ferait en fonction de l’origine sociale, ethnique ou du physique de la personne. Il s’agit finalement d’un délit de faciès. Mais quelle est son origine ?

Historiquement, les premiers contrôle au faciès remontent à la guerre d’Algérie lorsque les Algériens vivant en France étaient soumis à un couvre-feu. Cette discrimination a donc donné lieu au contrôle au faciès puisque la distinction entre Français et Algérien se faisait visuellement, en prenant en compte par exemple la couleur de peau de l’individu. Le délit de faciès que nous connaissons actuellement pourrait donc être lié à notre passé colonialiste.

Toutefois, l’émission d’Usul ne prend pas en compte d’autres réalités, le point de vue des policiers par exemple, avec le manque de moyens ou d’effectifs dans certaines brigades. Le film Polisse (que le Nelson Times vous recommande chaudement), réalisé par Maïwenn dénonce parfaitement ces difficultés en prenant l’exemple de la brigade des mineurs.

 

Victorine Peaudeau