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En marche ! C’est le nom qu’a donné Emmanuel Macron au mouvement qu’ il a fondé, avant de quitter le gouvernement, pour se lancer dans une quête hasardeuse et solitaire à laquelle personne ne croit : la présidence de la République. Quelques mois plus tard, son statut a changé. L’ancien ministre de l’économie, des finances et du numérique a pris une autre dimension et son ascension vers l’Elysée est fulgurante. Il est évoqué à présent comme un candidat sérieux, et certains sondages le pressentent même vainqueur du scrutin en avril prochain.Mais au fait, qui est vraiment Emmanuel Macron ?

Une carrière « à l’américaine »

Né à Amiens en 1978, Emmanuel Macron est diplômé de l’ENA (Ecole Nationale d’Administration), puis, successivement, inspecteur des finances et banquier d’affaires. Il devient membre du Parti Socialiste en 2006, puis se met au service de François Hollande dès le début de son mandat présidentiel, en 2012, comme secrétaire général adjoint de la présidence. Enfin, il entre véritablement au gouvernement en 2014. Jusqu’à présent, son parcours parle pour lui, et jeunesse ne rime pas forcément avec inexpérience en ce qui le concerne. A 39 ans, il pourrait bel et bien devenir le plus jeune des présidents de la 5ème République, et ce malgré un cheminement très atypique, en contradiction avec les traditions de la République Française: une carrière pleine de réussite, de businessman à potentiellement Président de la République, un peu à l’américaine. Cette montée en puissance le portera t-elle jusqu’à la plus haute fonction qui puisse exister en France ? A t-il réellement un projet pour la nation ou est-il seulement au service de son ambition personnelle ? Va-t-il « faire bouger les choses », comme le souhaiteraient des millions de Français qui s’impatientent ? Pour répondre à ces questions, il faut se pencher sur sa campagne ainsi que son programme.

La campagne : Objectif  Elysée 2017

Emmanuel Macron a souhaité se libérer des clivages politiques traditionnels pour suivre son propre chemin. C’est ainsi qu’En Marche a vu le jour en avril 2016 et compte maintenant plus de 200 000 adhérents sur l’ensemble du territoire. C’est dans cette optique de mouvement « ni de droite, ni de gauche », qu’Emmanuel Macron a décidé de ne pas passer par les primaires d’une gauche fragilisée. Une tactique très critiquée par certains socialistes le jugeant individualiste, mais également, plus généralement, par bon nombres d’observateurs, lui reprochant ainsi de « brasser large » pour s’assurer des électeurs issus de différents bords. Toujours est-il que cela fonctionne plutôt bien pour le moment, puisque En Marche est, peu à peu, rejoint par des personnalités importantes du paysage politique français (François Bayrou, par exemple, et tout récemment Manuel Valls) et se met toujours plus d’électeurs en poche en vue du scrutin final de mai prochain. D’autant plus qu’Emmanuel Macron parvient à convaincre une partie des déçus des deux primaires de gauche et de droite, ainsi que des affaires Fillon, et représente maintenant l’un des derniers barrages crédible pour stopper l’avènement au pouvoir du Front National de Marine Le Pen, qui grimpe elle aussi en flèche. Ce dernier paramètre est non négligeable, car beaucoup de Français pourraient décider de s’en remettre à lui, si la finale face au parti nationaliste avait bien lieu au second tour de l’élection.

Le programme : Les propositions d’Emmanuel Macron

Que dire à présent du programme du candidat ? Emmanuel Macron a beaucoup tardé avant de finalement le sortir officiellement, un point qui lui a valu l’étiquette de candidat « flou » pendant un long moment.

Il s’articule autour de six chantiers majeurs.

-L’éducation: il propose la mise en vigueur de « réformes concrètes » visant à améliorer le système scolaire pour ainsi garantir l’égalité des chances.

-L’économie: Emmanuel Macron souhaite créer un dynamisme économique à partir d’un modèle « innovant et adapté au monde actuel », s’affranchissant des « blocages » du système, « libérant ainsi le travail et l’esprit d’entreprise ». Il veut  promouvoir une agriculture et une industrie « du futur » qui prendront en compte la transition écologique.

 -La société du travail: il promet l’amélioration du pouvoir d’achat et de la protection des travailleurs, notamment des plus faibles.

 -La sécurité: la mobilisation de moyens importants pour la lutte contre le terrorisme ou toute autre forme de criminalité; le renforcement de la sécurité et la tolérance zéro à l’égard des hors-la-loi sont d’importants défis du programme de Macron qui veut « restaurer l’autorité de l’État ».

-Le renouvellement de la démocratie: assurer le contrôle des hommes et femmes faisant partie de la vie politique de la nation, par des règles plus strictes (tout sauf un hasard…) et le pluralisme des parlementaires, tout en accroissant la participation des citoyens.

-L’ouverture à l’international: Emmanuel Macron a la volonté de restaurer l’unité de l’Union Européenne, de la rendre compétitive et protectrice, et de faire de la France l’un de ses acteurs majeur.

En consultant les grandes lignes de ce programme, on ne constate rien d’extravagant ou de réellement révolutionnaire, et cela semble crédible, pas utopique. Il souhaite s’affranchir de certains blocages du système et des règles actuelles, qui le définissent et qu’il juge obsolètes.  Emmanuel Macron semble croire au progrès des institutions, plus par une remise au goût du jour et une réadaptation progressive, plutôt que par le changement brutal. Un avis pas forcément partagé par un certain nombre de ses concurrents directs.

Les propositions d’Emmanuel Macron, ainsi que ses multiples apparitions dans les médias, lui permettront-elles d’améliorer encore sa côte, dans l’esprit d’une majorité de Français? Va-t-il, en mai, gravir les marches de l’Élysée, fort d’un statut nouveau ? Des réponses à ces questions devraient  rapidement apparaître dans les semaines à venir…

Jean Péchereau