Dans les clivages droites-gauches, c’est la débâcle. Le Parti Socialiste s’active à panser ses plaies, suite au quinquennat décevant de François Hollande puis au revers douloureux de Benoit Hamon, au soir du premier tour. La droite, quant à elle, discréditée à cause des bruyantes affaires autour du clan François Fillon, n’a également pas fait mieux qu’une éviction au premier tour. Finie la routine du règne des deux familles politiques emblématiques en France depuis des décennies. Pour le second tour, place a été faite à un nouveau parti politique, face au Front National, profitant une nouvelle fois du contexte d’instabilité : Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. Au soir du 7 mai, c’est le candidat d’En marche, qui sort vainqueur de ce duel. Une reconstruction débute alors avec de nombreux enjeux à la clé.

Macron, visionnaire puis opportuniste

Son parcours est désormais connu de tous. Un discours nouveau apparaît alors : son mouvement « ni de droite, ni de gauche » a suffisamment séduit pour triompher. Il a profité avec astuce de l’affaiblissement de ses adversaires directs, puis de son statut d’ultime barrage anti-FN. Emmanuel Macron a donc joué finement les coups pour se hisser précocement jusqu’à la présidence. C’est une fois au pouvoir que sa stratégie de division des familles politique s’opère.

Une fondation de gouvernement inédite

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Pour rester en cohésion avec sa nouvelle politique, Macron opte pour le maire du Havre Les Républicains, Edouard Phillipe. La tâche qui suit n’est pas simple : choisir des ministres qui acceptent de quitter définitivement leurs partis politiques respectifs et un nombre égal de Républicains et de Socialistes dans les ministères. Prochaine étape, les législatives, où Macron et sa nouvelle équipe espèrent poursuivre une politique de rassemblement pour obtenir la majorité, et pour éviter au natif d’ Amiens de devoir cohabiter durant cinq années.

 

Théophile Lhermenier et Jean Pechereau