Rafael Nadal, dieu vivant de la terre battue, s’est pour la dixième fois imposé ce dimanche 11 juin 2017 sur la terre parisienne. La majorquin affole les stats et marque au fer son emprunte sur l’Histoire du tennis. Incontestablement le meilleur cette année, il sera deuxième au classement mondial et premier à la race à partir de lundi. 

Nadal VS Wawrinka

 

15h17

La nervosité est palpable. L’intensité du match s’amplifie avant même d’avoir commencé: on sent que ce n’est pas une simple finale de grand chelem. Quoi qu’il arrive, dans quelques heures, le vainqueur marquera l’histoire et la belle série du finaliste prendra fin. En effet, Stan Wawrinka n’a jamais perdu de finales du grand Chelem et vise un second titre à Paris. Quant à Rafael Nadal, il n’a jamais perdu de finales sur le Philippe Chatrier et est animé par une mission: la décima.

15h52

Nadal break. Après 5 balles de break sauvées, Wawrinka craque et ce jeu est certainement le tournant du set.

16h01

L’espagnol remporte la première manche six jeux à deux (en breakant deux fois son adversaire) avec seulement 8 fautes directes, 10 coups gagnants dont 3 aces et un service solide. Cependant, le suisse veut continuer à y croire malgré la statistique impressionnante de leurs précédentes confrontations: lors des dix neufs oppositions entre les deux hommes, celui qui a gagné le premier set à toujours remporté le match.

16h13

Break blanc du majorquin. Rien n’y fais, l’espagnol a pris un tel ascendant psychologique sur son adversaire que Wawrinka est méconnaissable avec toutes ses fautes directes. C’est un match à sens unique dans lequel l’espagnol semble, comme depuis le début du tournoi possédé par une mission où l’échec n’est pas envisageable.

16h32

Il n’y a plus de mots. Le suisse a beau essayé d’élever son niveau de jeu, Nadal est tout simplement au dessus. Ce coup droit à 160 km/h laisse présagé une fin tragique pour Wawrinka: pour battre le majorquin il faudra plus que des services à 200 km/h et des revers sur les lignes du terrain. Nadal semble intouchable.

https://youtu.be/JELtrMWP0r4

16h45

Bel hommage de Stan Wawrinka à Benoît Paire mais pas sûr que ce soit de bonne augure car une minute plus tard Nadal conclut le deuxième set six jeux à trois.

https://www.youtube.com/watch?v=0lC9kbTxpEM

17h24

C’est fait: après une véritable démonstration Rafael Nadal, en 2h07, surclasse Wawrinka. Il devient le plus grand vainqueur de Roland Garros, maître incontestable des lieux signant une dixième victoire dans un tournois de terre battue pour la troisième fois de l’année. Que dire de plus ? Cette légende du tennis impose le respect à chacun par son palmarès, par son fair-play, par son sourire et par ses larmes.

Rafa Nadal

Les statistiques parlent pour lui

Comment trouver les mots pour décrire cet évènement historique ? Il suffit de regarder les statistiques qui s’affolent pour comprendre ce sportif « extraterrestre« . Dans ce Roland Garros, il n’a concédé aucun set en sept matchs en laissant à ses adversaires seulement trente-cinq jeux et a passé environ douze heures sur les cours. Performance exceptionnelle: cinq jeux par matchs, d’une heure quarante cinq en moyenne. Tout simplement hallucinant.

Plus de statistiques folles ici !

Emouvant, symbolique

Ce joueur qui vient d’ailleurs, émeut par ses larmes humaines que l’on perçoit dans ses yeux lors du moment orgueilleux de l’hymne national. L’émotion alliée à la symbolique quand alors, Toni Nadal, son oncle et coach depuis les trois ans de son poulain, offre à la légende une copie de la coupe des mousquetaires où est gravé son nom et les dates des sacres. La pudeur mal dissimulée des deux hommes fait ressortir l’humanité de cette carrière monstrueuse. La fin officielle rêvée pour cette collaboration qui continuera évidemment officieusement.

C’est grâce à lui que je suis là où j’en suis aujourd’hui.

-Rafael Nadal à propos de son oncle

toni-nadal-et-rafael-nadal-roland-garros_decf5023ddb920a563926c217f08986d

Au plus haut de son art

Son adversaire lucide, confie que physiquement il était bien, et qu’en rien sa demie-finale de quatre heures trente quatre contre le numéro un mondial deux jours auparavant, n’a facilité la victoire de l’espagnol.

Même si j’avais été au top physiquement et mentalement, je n’étais pas sûr de pouvoir le battre.

-Stan  Wawrinka

Conserver l’envie de gagner

C’est le défi de chaque champion, plus ou moins réussit, pour ne pas citer la décadence de Novak Djokovic depuis sa victoire à Paris en 2016. Pour l’instant Nadal a la rage de vaincre et ce n’est pas près de s’arrêter car d’autres objectifs se profilent comme celui de redevenir numéro un mondial…

Face à cet homme et ses yeux, mélange d’orgueil et de joie, brandissant pour la dixième fois cette coupe chargée d’histoire, j’ai pleuré. Alors voilà, merci pour tout ce que vous avez fait Monsieur pour le tennis mondial.

Rafa Nadal