Imaginez un monde dans lequel la pollution a rendu stérile une partie de la population. Une société dans laquelle les rares femmes fertiles sont capturées et utilisées comme mères porteuses, où le viol est institutionnalisé et où les homosexuels, les médecins et les intellectuels sont traqués… Ceci est le monde de la série The Handmaid’s Tale, basé sur le roman éponyme de Margaret Atwood, publié en 1985.

The Handmaid’s Tale : une dystopie sur les droits des femmes.

La série se déroule aux Etats-Unis, dans un futur proche. Suite à des catastrophes écologiques, le pouvoir en place doit faire face à un risque de dépeuplement à cause de cas de stérilité de plus en plus nombreux. Sous la pression d’un groupuscule, le pouvoir tombe et un régime totalitaire ultra-religieux est mis en place. Très vite, une nouvelle hiérarchie sociale est créée, en particulier entre les femmes. En bref, c’est un véritable retour au Moyen-Age !
On va donc suivre le parcours de June Osborn, rebaptisé Defred, qui se situe au plus bas de l’échelle sociale. La jeune femme est « servante écarlate ». Autrement, étant fertile, elle doit être capable de se reproduire à nouveau, mais avec un homme qui lui a été imposé. June est donc la propriété d’un foyer et tout plaisir lui est interdit. Le régime lui a pris son travail, son mari, sa fille et son identité. Pour survivre June essaie de se souvenir : c’est ainsi qu’on découvre le monde avant et pendant la mise en place de la dictature.

Pourquoi regarder The Handmaid’s Tale ?

Elisabeth Moss, une actrice éblouissante

C’est en fouillant dans la rubrique « Nouveautés » de l’application TVShow Time que j’ai découvert la série The Handmaid’s Tale. En fait, j’ai surtout reconnue Elisabeth Moss sur l’affiche. Actrice que j’avais adorée dans la série Mad Men où elle incarnait Peggy Olson, une jeune secrétaire confrontée au milieu très machiste masculin d’une agence de publicités des années 1960. Plus récemment, je l’ai retrouvée dans Top Of The Lake (série par ailleurs excellente !) où elle jouait le rôle de Robin Griffin, détective spécialisée dans les crimes et agressions sexuelles. Forcément, j’étais enthousiaste à l’idée de la retrouver dans une série dystopique au scénario plutôt original.

Et une fois de plus, Elisabeth Moss nous surprend ! En jouant le rôle de June Osborn , personnage particulièrement isolé de par sa position sociale, elle concentre l’attention et fait passer beaucoup d’émotions. June n’est pas seulement une victime, elle est aussi une mère combative qui veut retrouver à tout prix sa fille, et une femme qui cherche à retrouver ses droits et ses libertés, dans une société ultra-patriarcale. C’est clairement Moss qui porte la série, si bien qu’on en oublie le jeu des autres acteurs pourtant très bons aussi !

Une réalisation épurée et agréable

Du côté de la réalisation, j’ai été aussi agréablement surprise. Le monde de The Handmaid’s Tale, même s’il se déroule dans le futur, n’est pas plein de technologies à la Hunger Games. Le retour aux valeurs traditionnelles est effectivement visible dans les décors épurés dont on ne saurait  donner d’âge, ce qui est finalement appréciable étant lassée des décors habituels de science-fiction.
Le réalisateur Bruce Miller a également fait un joli travail sur la lumière et sur les couleurs qui ont une grande importance dans la série car elles dénotent dans les décors austères et marquent la position des femmes dans une hiérarchie sociale qui leur a été imposée.

Source : https://www.tvtime.com/fr/show/321239/episode/6051454

Source : https://www.tvtime.com/fr/show/321239/episode/6051454

Une série plus que jamais d’actualité !

Dans ce divertissement aux airs de 1984, le parallèle est assez évident avec la montée du conservatisme incarné par Donald Trump ou bien la dégradation des droits des femmes en Pologne (où l’accès à la contraception d’urgence vient d’être restreint). La série interroge donc sur la fragilité des droits des femmes, sur l’existence ou non du patriarcat, sur notre rapport au corps de la femme et à la sexualité mais également sur la place des femmes dans la société et en politique.
The Handmaid’s Tale constitue une prise de conscience sur l’importance de l’égalité entre les hommes et les femmes mais aussi du chemin qu’il reste à parcourir.
Les plus optimistes y verront le spectacle d’un passé révolu où les femmes étaient plus ou moins réduites au silence. Pour d’autres, c’est un avertissement sur comment pourrait se créer une dictature. En y réfléchissant, The Handmaid’s Tale est à la fois notre passé, notre présent et notre futur.