» Valérian et la cité des mille planètes  » est le nouveau film réalisé par Luc Besson. Inspiré d’une bande dessinée culte des années 70 de Christin et Mézières, ce blockbuster met en scène au XXVIIIe siècle, Valérian (Dan DeHaan) et Laureline (Cara Delevigne) deux agents chamailleurs spatio-temporels chargés de maintenir l’ordre. Une de leurs missions les envoie sur Alpha, station qui vogue à travers l’espace, où cohabitent toutes sortes d’espèces qui font converger leurs savoirs et leurs connaissances. Mais cet équilibre est menacé par une force obscure.

L’attente fut longue: sept ans de travail pour le génie du cinéma français afin d’aboutir à ce qui est projeté, en ce moment, sur les grands écrans blancs. Le résultat est mitigé, tout comme les critiques. Aucun doute sur deux points: le scénario manque cruellement d’originalité et de nouveauté; mais quel chef d’oeuvre en ce qui concerne la réalisation et la technique. Ce film sort de l’ombre cette bande dessinée, peu connue, qui se révèle être probablement les origines de beaucoup de productions de science-fiction. Faisant référence à beaucoup de ses prédécesseurs, Valérian et la cité des mille planètes nous donne l’eau à la bouche. Un nouveau prodige comme Le Cinquième élément est souhaité par les spectateurs. Au final, Leeloo garde son trône. Valérian et Laureline ne sont pas non plus à déplorer, mais l’attente était si grande qu’un merveilleux spectacle visuel ne pouvait pas combler un scénario aussi simpliste. Malgré tout, rien que pour la beauté de la réalisation c’est un film à voir absolument sur grand écran.

Une adaptation fidèle

Pour réaliser ce film, Luc Besson a convié pour l’assister Jean-Claude Mézières, illustrateur de la bande dessinée originale. Ce dernier a adoubé cette adaptation du tome six L’Ambassadeur des Ombres.  Tout est respecté: le déroulement des événements, les personnages atypiques, les costumes futuristes et la faune extraordinaire de cet univers fictif.

Le costumier, Olivier Bériot, avait évoqué la difficulté de la fidélité pour les costumes dans une interview :  » Pour Laureline et Valérian, il y a le code d’un costume type spacesuit d’action, une sorte de costume du GIGN, avec lequel ils travaillent, ils conduisent, ils s’engueulent, ils se battent, ils vivent dedans, ils vont en apesanteur comme sous l’eau… Quand il commence à travailler sur la combinaison dans les années 60, Mézières se dit qu’une combinaison du futur sera extrêmement fine. Et il propose une Laureline très sexy. Dès lors, dans la fabrication, nous étions focalisés sur la finesse du costume : il fallait conserver la silhouette des comédiens, souligner les lignes de taille et proposer un vêtement d’une épaisseur de 5 millimètres. »

Le reste de l’interview ici ! 

Luc Besson a réussi à moderniser ce film avec des effets spéciaux à couper le souffle tout en gardant son aspect originel notamment grâce à la réinterprétation enivrante d’une chanson de l’époque.

Décors, réalisation: un spectacle envoûtant 

Le point fort de ce film est évidemment la réalisation bessonienne. La première scène qui introduit la merveilleuse station Alpha, montre l’évolution de notre conquête de l’espace depuis 1965. On voit ainsi défiler les dirigeants de nombreuses civilisations aussi bien humaines qu’extraterrestres devant le président de la mini-planète. Une démonstration de l’immense diversité présente sur Alpha que l’on retrouve avec la fiche Wikipédia récitée à l’arrivée des héros.

Un peu plus tard, on se retrouve sur la planète MÜL, un paradis nacré où ses habitants pacifiques, les Pearls, vivent en symbiose avec la nature.  Une scène presque muette qui touche par la beauté des paysages et des personnages à la peau étincelante. Autre scène marquante au niveau de la réalisation: le Big Market. Le Big Market est un espace touristique virtuel situé dans un désert, seulement visible grâce à des lunettes spécifiques. Sans ses lunettes, on ne voit pas cette cité qui, à plusieurs niveaux, fait penser à celle du Cinquième élément.  Un jeu d’aller-retour entre le monde réel et le monde virtuel s’installe alors pour le plaisir de nos yeux.

 

 Valérian: un personnage en pleine évolution

 Au début du film, Valérian est un personnage séducteur, arrogant et prétentieux. Ne prenant rien au sérieux, il est présomptueux et d’un naturel agaçant par sa réussite sans effort. Il est détestable. Mais, on aime à le détester. Puis, au fil de l’histoire, une évolution dans son comportement est remarquable: son attachement pour Laureline devient plus sincère et réel, et son sens de la justice, auprès des Pearls, le rend plus touchant, moins énervant. Dan DeHaan, considéré pourtant comme trop juvénile pour ce rôle, a su capter la complexité de son personnage et joue à merveille cet agent odieux.

 

Laureline, dans la continuité des héroïnes bessoniennes

Laureline est une femme qui brille par sa beauté et son intelligence et polit son caractère très indépendant. Tout au long du film, elle repousse les avances de son coéquipier Valérian, tout en laissant paraître une certaine tendresse agacée pour ce dernier. Une femme aux allures d’aujourd’hui: une véritable révolution pour l’époque à laquelle elle fut créée. Laureline semble être à l’origine d’une source d’inspiration pour Luc Besson, par sa ressemblance frappante avec Leeloo, Nikita ou encore la princesse Sélénia. Cara Delevigne, dont beaucoup redoutaient la crédibilité, fait taire ses détracteurs en jouant avec brio la sophistication de son rôle.

 

A la sortie de la salle, nos yeux sont éblouis par l’incroyable spectacle visuel, qui nous a été offert par Luc Besson. Mais un arrière goût de regret se fait sentir en ce qui concerne le scénario: il y a trop d’intrigues qui semblent avoir la même importance, il manque de l’intensité. Ce n’est certes pas le nouveau Cinquième élément, mais c’est un film de science-fiction extraordinaire pour les yeux, avec malgré tout beaucoup de métaphores, sur lesquelles le cinéaste, comme à son habitude, nous laisse méditer.