Tout comme octobre, la Rentrée Littéraire touche à sa fin. L’occasion de revenir sur ce phénomène médiatique.

La RL se traduit par une sortie massive de livres, de la fin du mois d’août au début du mois de novembre. Cette manifestation typiquement française est née entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème. C’est en 1936, qu’un journaliste du Figaro la baptisa ainsi. Par contre, ce n’est que dans les années 1980, que la RL prit l’ampleur qu’on lui connait aujourd’hui.

Cette période concorde avec la création du Prix Goncourt, le prix littéraire annuel voué à récompenser la meilleure œuvre d’imagination en prose parue dans l’année. Ce concours se déroulant en novembre, il apparaît comme un objectif à atteindre pour les maisons d’édition. Qui plus est, de nombreux prix littéraires apparurent à la suite du Goncourt, et s’alignèrent sur ses dates, c’est-à-dire, dans le courant du mois de novembre. Être la maison ayant édité le livre qui remporte un prix littéraire, c’est être la maison qui va booster ses ventes dans les semaines à suivre. Tels des jockeys dans une course hippique, des centaines d’auteurs sont recrutés par des maisons d’éditions, qui parient sur leur victoire.
C’est donc pour cela, que les maisons d’édition multiplient leurs sorties durant cette période. Chaque année, c’est une moyenne d’environ 600 livres qui sortent durant la RL. En revanche, si la rentrée littéraire est synonyme d’un nombre important de livre sortis, elle n’est pas synonyme d’un nombre important de livres vendus ! En août et septembre, les ventes de livres sont loin d’être à la hauteur de la frénésie médiatique qui entoure ces derniers. C’est pendant l’été, et avant les fêtes de Noël, que les maisons d’édition réalisent leur plus gros chiffre d’affaire.

« Les livres de la rentrée ne se vendent ni mieux, ni moins bien que les autres. […] Les livres dont on ne parle pas ne se vendront pas du tout ; globalement, la rentrée littéraire est un mouvement très déficitaire. » Olivier Bessard-Banquy, spécialiste de l’édition et auteur de L’industrie des lettres

Focus, sur 3 des livres les plus attendus de cette rentrée littéraire 2017

  • Frappe toi le cœur, par Amélie Nothomb, aux éditions Albin MichelQue serait une rentrée littéraire sans Amélie Nothomb ? En effet, la romancière belge,,âgée de 51 ans, rencontre un succès considérable depuis une vingtaine d’années, et publie un roman chaque année à cette période. Dans celui-ci, l’histoire sombre d’une mère et de sa fille y est dépeinte. C’est un livre à mi-chemin entre le conte et le roman, qui rompt avec son style habituel.
  • Bakhita, de Véronique Olmi, aux éditions Albin Michel. Une fois de plus, les éditions Albin Michel prennent part à cette RL. Ici, nous découvrons l’histoire de Bakhita, une religieuse née au Darfour, dans le Soudan du XIXème siècle. L’autrice offre un roman historique haletant.
  • La chambre des époux, Éric Reinhardt, édité par Gallimard. Éditrices de « Chanson Douce », gagnant du Prix Goncourt 2016, les éditions Gallimard sont attendues au tournant pour cette RL. Éric Reinhardt raconte une histoire inspirée de la sienne, l’histoire d’un couple, dans lequel la femme est atteinte par un cancer du sein, et qui passe un marché avec son mari: il se jette à corps perdu dans son travail, et elle se jette à corps perdu dans sa lutte contre la maladie.

L’inconvénient de la RL est que l’on y privilégie des maisons d’édition et des auteurs déjà populaires. Alors, pour tenter de mettre en lumière des ouvrages de l’ombre, la booktubeuse PikoBooks a lancé cette année la première Rentrée Littéraire du Net. Le but de cette RLN est que différent(e)s booktubeurs/booktubeuses publient une vidéo proposant des livres sortant durant la période de RL et qui n’attirent pas beaucoup l’oeil.

Booktubeur / Booktubeuse = Quelqu’un qui poste des vidéos sur youtube pour parler de livres! Une alternative littéraire aux très médiatisés youtubeurs humoristiques.